Programme Tânia Carvalho

Ballet national de Marseille

Spectacle
19 - 22 mai 2022
Groupe de danseurs vêtus de gris et en chaussettes rouges sur une scène
19 - 22 mai 2022
La Villette, Paris
Partenaire — Théâtre de la Ville
Partenaire — Ballet national de Marseille
Chorégraphe
Tânia Carvalho, (LA)HORDE
Production
CCN - Ballet national de Marseille

En 2022, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels apporte son soutien au Théâtre de la Ville pour la présentation d’un programme composé de trois pièces de Tânia Carvalho par le Ballet national de Marseille.  

Le Ballet national de Marseille – direction (LA)HORDE présente un programme composé de trois pièces de Tânia Carvalho, (re)créées par ses danseurs du Ballet national de Marseille :

Xylographie (20min)
As If I Could Stay There For Ever (10min)
One Of Four Period In Time (Ellipsis) (20min)

Ce programme d’1h10 allie solo et pièces pour grands groupes où la trame chorégraphique est inlassablement explorée selon les nombreux registres de la perception. D’une pièce à l’autre, l’énergie créatrice de Tânia Carvalho fait traverser les esthétiques et les espaces, à la recherche d’une gestuelle chaque fois renouvelée.

Créée pour l’Opéra de Lyon en 2016, Xylographie s’inspire d’une technique d’impression chinoise ancienne, chacun des danseurs reproduisant un mouvement identique de manière désynchronisée . Entre ondulation et segmentation, le solo As if I Could Stay There For Ever crée par l’exécution sans relâche de courtes phrases, une gestuelle singulière faite de déflagrations. Créée en 2021 pour les danseur.ses.s du Ballet national de Marseille, One of Four Periods in Time (Ellipsis) dessine une intrigante danse de groupe, spectrale et atemporelle. Les gestes de chacun des danseur.se s’associent collectivement et recomposent un tableau chorégraphique aux multiples palettes de mouvements décalés.

Chacune des trois pièces de ce programme incarne l’écriture singulière de Tânia Carvalho, qui pense en mouvements, intensités des corps, rythmes et textures gestuelles.
 

Xylographie

Groupe de danseurs debout et assis tendant les bras dans des directions différentes

Xylographie
20’

Créée pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, Xylographie est une réflexion sur le multiple. Afin « d’imprimer » le mouvement sur la scène, Tânia Carvalho demande à ses danseur.se.s d’effectuer en décalé le même mouvement, issu de la même phrase chorégraphique.

La chorégraphe s’est inspirée du procédé de la xylographie, technique d’impression développée en Chine dès le VIe siècle. Le mot lui-même l’a inspirée ainsi que sa graphie et le fait qu’il commence par -X, parce que le -X fait référence à de nombreuses acceptions. Il s’utilise en mathématiques comme valeur inconnue, sur les cartes pour désigner l’emplacement d’un trésor, ou encore lorsqu’on mentionne quelque chose ou quelqu’un que l’on ne connaît pas.

Photo : ©Ballet de l’Opéra de Lyon

As If I Could Stay There Forever

Danseuse en noir sur un fond noir, tête en arrière, mouvement flou

As If I Could Stay There Forever
10’ 

Chorégraphe et interprète de danse et de théâtre, Tânia Carvalho témoigne d’une énergie créatrice dès ses premières pièces. Dans une pénombre traversée de noirs intenses, As If I Could Stay There For Ever livre une danse faite de déflagrations gestuelles, par l’exécution sans relâche d’une partition de courtes phrases fréquemment renouvelées dont le vocabulaire semble puiser tant dans le mime corporel que dans la danse contemporaine.

Entre ondulation, balancement, gestes segmentés et élans avortés, Tânia Carvalho crée, par le prisme du mouvement et son engagement total, un geste singulier, d’une minutieuse précision, que les lignes et les courbes de déplacement donnent à voir sans cesse autrement.

One of Four Periods in Time (Ellipsis)

Groupe de danseurs vêtus de gris et en chaussettes rouges sur une scène

One of Four Periods in Time (Ellipsis)
20’

Pour cette nouvelle pièce, Tânia Carvalho a fait le choix de composer avec les danseurs du Ballet national de Marseille, en laissant les images venir à partir des mouvements qu’elle transmet, et s’accumuler jusqu’à créer une forme définie. L’écriture s’affirme dans une exploration chorégraphique qui se débarrasse du verbe, détourne les structures narratives attendues, pour mieux jouer avec les émotions, et s’immerger davantage dans les rapports d’intensité entre musique et danse.

Attachée au dessin, Tânia Carvalho déploie une chorégraphie qui emprunte également ses contrastes à l’expressionnisme cinématographique Créée en 2021 pour les danseur.ses.s du Ballet national de Marseille, One of Four Periods in Time (Ellipsis) dessine une intrigante danse de groupe, spectrale et atemporelle. Les gestes de chacun des danseur.se s’associent collectivement et recomposent un tableau chorégraphique aux multiples palettes de mouvements décalés. 

Photo : ©Théo Giacometti
 

à propos de l'artiste

un portrait au flash de Tânia Carvalho

Tânia Carvalho

Formée à Lisbonne dans différentes écoles, classiques comme contem­poraines, actrice autant que danseuse, fondatrice du célèbre collec­tif Bomba Suicida (1997-2014), Tânia Carvalho s’affirme en tant qu’ar­tiste dont la volonté de s’exprimer n’est pas restreinte à un seul langage. De factures différentes, ses performances, dont le répertoire représente déjà plus d’une trentaine de pièces, ont en commun un souci des lignes, de la structure et de l’espace. Tânia Carvalho dérive fréquemment du domaine de la chorégraphie vers celui de la composition musicale. Ses créations s’aventurent dans les zones d’ombre, la vivification de la peinture, l’expressionnisme et la mémoire du cinéma.
 
C’est ainsi que l’artiste construit sa mystérieuse cosmogonie – un ensemble de codes qui transcendent l’art même du mouvement –, manifeste tant dans le soin linguistique et sémantique qu’elle apporte au choix des titres de ses tra­vaux que dans son exploration fréquente de territoires plus éloignés de celui de la chorégraphie, comme le dessin. Depuis plus de vingt ans, Tânia Carvalho trace son chemin : de façon réfléchie et chaque fois davantage pluridisciplinaire.

Photo : © Ruj Palma

à propos du collectif

Danseurs regardant à travers un miroir pendant que d’autres dansent en arrière-plan

(LA)HORDE

Fondé en 2013, (LA)HORDE est un collectif qui réunit les trois artistes Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel. Ensemble, ils questionnent les codes de différentes disciplines artistiques, notamment dans les champs du spectacle vivant et de l’art contemporain. À la tête du CCN - Ballet national de Marseille depuis septembre 2019, (LA)HORDE crée des pièces chorégraphiques, des films, des installations vidéo et des performances autour du corps en mouvement. À l’aide de mediums multiples, ils développent des scénarios et des actions qui prennent racine dans des problématiques contemporaines et se déclinent sur plusieurs espaces de narration. (LA)HORDE collabore avec des communautés d’individus en marge de la culture majoritaire pour un bout de chemin solidaire et artistique : septuagénaires, non- voyants, fumeurs, adolescents ... Opposés à toute forme de hiérarchie et d’appropriation culturelle, ils pratiquent l’interrelation et la coopération. Inquiets et prospecteurs, ils sont en alerte. Le corps est au centre de leur création. Ils signent des œuvres issues de leurs rencontres avec différentes communautés online, afin de définir ce qu’est devenue la danse après l’avènement d’internet, sujet cher à (LA)HORDE, qui a amené les membres du collectif à définir le phénomène sous le terme/concept : des danses post internet.

Texte : © Claire Diez
Photo : © Boris Camaca - DA Alice Gavin