Fouad Boussouf
Directeur artistique et chorégraphe
France
© Boulomsouk Svadphaiphane
En 2026, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels apporte son soutien au Arts Center - NYU Abu Dhabi pour la présentation de Näss ("Les Gens") de Fouad Boussouf.
Pour Fouad Boussouf, la danse est un élan pur, une impulsion, un mouvement. Ces mots définissent également son parcours artistique, guidé par sa curiosité innée et son désir d’évasion. Ses premières années au Maroc, dans un village isolé de la région de Moulay Idriss, furent marquées par les fêtes familiales et par un environnement naturel d’une simplicité épurée, presque monastique. À l’âge de sept ans, il s'installe avec sa famille en France, à Romilly-sur-Seine, près de Troyes. Il découvre alors un nouvel univers, dont il doit rapidement apprendre les codes culturels et sociaux. Adolescent, il commence à pratiquer le hip-hop sur des cassettes de Prince et de Michael Jackson. D’abord perçu comme une activité physique socialement valorisée, le hip-hop devient pour lui le fondement d’un langage corporel personnel, où la volonté du corps de se dépasser et d’aller toujours plus loin lui vaut la reconnaissance de ses pairs.
Il termine ses études à Châlons-en-Champagne, où il participe également à des ateliers animés par les étudiants du CNAC (Centre national des arts du cirque). En 2000, il s’installe à Paris et entreprend des études de sciences sociales à l’Université Paris XII à Créteil, où il donne également des cours de danse urbaine, d’abord de manière informelle puis en tant qu’enseignant diplômé. Il poursuit sa formation à l’Académie de la Cité Véron, participe au Festival Suresnes Cités Danse et danse aux côtés de Farid Berki et Pierre Doussaint. Après avoir soutenu un DESS consacré au hip-hop, il entreprend un voyage de sept mois à travers l’Australie. Ce périple inaugure une longue période durant laquelle projets pédagogiques, créations artistiques et voyages se nourrissent mutuellement, l’amenant également en Égypte et en Russie. À son retour en France, il décide de se consacrer pleinement à la danse et fonde, à l’âge de vingt-sept ans, la Compagnie Massala. Entre 2008 et 2009, il crée plusieurs solos ainsi qu’un trio, puis, en 2010, sa première pièce de groupe, Déviations.
Depuis lors, il crée sans relâche, incarnant cette dynamique qui caractérise son approche de l’art comme de la vie. Son travail est hybride, volontairement affranchi des étiquettes, profondément ancré dans le présent tout en intégrant constamment le vocabulaire gestuel du hip-hop. Au fil des années, il a développé un langage chorégraphique fondé sur le mouvement, la spontanéité et l’idée d’un flux continu, sans commencement ni fin. Ses danseurs s’inspirent de cette dynamique qui les pousse hors de leurs schémas habituels de mouvement et génère sur scène une énergie exceptionnelle et cyclique. Cette approche est particulièrement visible dans ses œuvres récentes Näss (« Les Gens », 2018) et Oüm (2020), hommage à Oum Kalthoum, qui a confirmé sa place sur la scène chorégraphique internationale.
Pour Boussouf, le principal instrument artistique est bien sûr le corps, mais il intègre également d’autres formes d’expression, notamment la vidéo et les arts plastiques, qu’ils soient contemporains ou liés à l’histoire méditerranéenne. Parmi ces réalisations figurent le film documentaire Le Ballet Urbain (2019) ainsi que ses collaborations avec le sculpteur Ugo Rondinone : l’installation vidéo Burn to Shine (2022), présentée au Petit Palais, et Vïa (2023), créé pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève à l'invitation du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui. Après Fêu (2023), une pièce pour neuf danseuses, il lance, en collaboration avec Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux, ainsi qu’avec Paul Molina et Gabriel Majou, un laboratoire de création autour d’un duo mêlant musique live et freestyle footballistique : °Up (2025). Ce « citoyen du monde » poursuit un rythme de création guidé par l’émotion, le goût du risque et une volonté constante d’aller de l’avant.
De 2020 à 2022, Fouad Boussouf est artiste associé à la prestigieuse Maison de la danse, à Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux et à la Maison de la musique. Le 1er janvier 2022, il est nommé à l’unanimité directeur du Phare – Centre chorégraphique national du Havre Normandie. La même année, il est également distingué par l’État français avec sa nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres.