En 2027, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels™ apporte son soutien à La Fenice pour la présentation des trois pièces Serait-ce la mort ? ; L’Oiseau de Feu et le Boléro de Maurice Ravel avec le Béjart Ballet de Lausanne.
À la fin du XVIIIe siècle, Venise, haut lieu de l'opéra lyrique et héritière d'une longue tradition historique et artistique, compte sept théâtres : San Salvador (alors appelé Apollo, puis San Luca, aujourd'hui Goldoni), San Cassiano, Sant'Angelo et San Moisè, auxquels s'ajoutent les trois théâtres appartenant à la famille Grimani : San Giovanni Grisostomo (aujourd'hui Malibran), San Samuele et San Benedetto (l'actuel Rossini). Ce dernier, le plus élégant et le plus fréquenté de tous, est détruit par un incendie en 1773. Dès sa reconstruction, un procès oppose la société propriétaire du nouveau théâtre à la famille Venier, qui possède une partie du terrain. Cette dernière remporte le procès et la société est contrainte de vendre le théâtre. Elle décide alors d'en construire un autre, plus grand et plus beau que celui qu'elle a perdu. Le nouveau théâtre est baptisé « La Fenice », en référence à l'oiseau mythique symbolisant la renaissance éclatante de la société après ses mésaventures. Parmi les vingt-neuf projets présentés, les actionnaires choisissent celui de l'architecte Giannantonio Selva (1753-1816).
Les travaux s'achèvent en avril 1792 et le théâtre ouvre ses portes le 16 mai avec l'opéra I giochi di Agrigento de Giovanni Paisiello, sur un livret d'Alessandro Pepoli. Dès lors, La Fenice s'impose comme l'un des théâtres les plus importants d'Italie et d'Europe, contribuant à l'histoire du mélodrame grâce à la création de nombreux chefs-d'œuvre. Le 6 février 1813, Gioachino Rossini y présente Tancredi, son premier grand opéra seria. Il composera deux autres opéras pour La Fenice : Sigismondo (27 décembre 1815) et Semiramide (3 février 1823), l'un des sommets de son œuvre dramatique et son dernier opéra italien avant son installation définitive à Paris. Sur les dix opéras de Vincenzo Bellini, deux sont créés pour La Fenice : I Capuleti e i Montecchi (11 mars 1830) et Beatrice di Tenda (16 mars 1833), Gaetano Donizetti compose quant à lui trois opéras pour le théâtre : Belisario (4 février 1836), Pia de' Tolomei (18 février 1837) et Maria de Rudenz (30 janvier 1838).
Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1836, La Fenice est ravagée par un incendie. La société décide d'entreprendre immédiatement sa reconstruction. Cette délicate mission est confiée aux frères Giovanni Battista et Tommaso Meduna, deux architectes renommés, tandis que le professeur Tranquillo Orsi est chargé de l'ensemble des décors intérieurs. Le soir du 26 décembre 1837, La Fenice renaît de ses cendres, à l'image de l'oiseau mythique, et reprend son activité avec une vigueur renouvelée. Entre-temps, l'un des compositeurs les plus célèbres du XIXe siècle s'apprête à marquer l'histoire de l'opéra. En 1844, Verdi compose le premier des cinq opéras commandés par La Fenice : Ernani (9 mars 1844), Attila (17 mars 1846), Rigoletto (11 mars 1851), La traviata (6 mars 1853) et Simon Boccanegra (12 mars 1857). La Fenice se place juste après La Scala de Milan parmi les théâtres ayant accueilli le plus grand nombre de créations d'œuvres de Verdi, notamment certaines des plus audacieuses et des plus expérimentales du compositeur.
Au cours de la décennie qui suit la Première Guerre mondiale, La Fenice connaît un renouveau intense et retrouve un prestige considérable. Les chanteurs les plus célèbres et les chefs d'orchestre les plus importants de l'époque participent à sa programmation. Parallèlement, à l'initiative de la Biennale d'art, le Festival international de musique contemporaine y est créé en 1930. Cette manifestation devient une institution majeure, contribuant durablement au rayonnement du théâtre.
Après la Seconde Guerre mondiale, La Fenice confirme sa réputation grâce à la qualité de sa programmation et de ses interprètes. Parmi les œuvres présentées au Festival figurent notamment La carrière d'un libertin d'Igor Stravinsky, The Turn of the Screw de Benjamin Britten, L'Ange de feu de Sergueï Prokofiev et Intolleranza 1960 de Luigi Nono. Ces productions attirent l'attention du monde musical sur La Fenice. Fidèle à ses plus belles traditions, La Fenice renouvelle également les approches scénographiques de ses productions et présente des spectacles d'une qualité exceptionnelle, tant dans le domaine de l'opéra que dans ceux de la musique symphonique et de la musique de chambre. Les plus grands chefs d'orchestre, chanteurs, metteurs en scène et scénographes s'y sont succédé. Plusieurs artistes, parmi lesquels Maria Callas et Joan Sutherland, y ont fait leurs débuts.
Dans la nuit du 29 janvier 1996, le Teatro La Fenice est une nouvelle fois détruit par un incendie. Il rouvre ses portes le 14 décembre 2003. En 1999, La Fenice devient une fondation de droit privé. Son directeur général et directeur artistique actuel est Nicola Colabianchi.