Rave | L'Âge d'or
Karole Armitage
Mazelfreten
CCN Ballet de Lorraine
En 2026, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels apporte son soutien à la présentation d'un programme interprété par le Ballet de Lorraine au Théâtre de la Ville dans le cadre d'un Chaillot Nomade, programmation hors-les-murs de Chaillot.
Le Ballet de Lorraine célèbre les hybridations du XXIe siècle entre technique classique et formes neuves issues des clubs. À 25 ans d’intervalle, Karole Armitage s’inspire du voguing pour faire de Rave un feu d’artifice coloré tandis que le duo MazelFreten puise dans l’énergie brute de la danse électro pour détourner les codes du ballet.
Créée en 2001 pour le Ballet de Lorraine et aujourd’hui transmise à une nouvelle génération d’interprètes, Rave a des allures de défilé virtuose, festif et coloré. La chorégraphe américaine Karole Armitage y orchestre la rencontre entre le voguing – avec ses mouvements prestes des mains et des bras – et différentes formes d’arts martiaux, sur une techno entraînante signée du compositeur David Shea. L’électricité de la musique conduit les corps des 25 danseurs et danseuses à un état de tension explosif. Ils et elles font battre le cœur d’une pièce envisagée comme une célébration de la vie et des bals, ballets et carnavals du XXIe siècle qui en rehaussent le goût. À sa création, Karole Armitage est au mitan d’un parcours aussi exceptionnel que singulier. Formée au ballet classique, elle rejoint la compagnie de Merce Cunningham en 1976 mais crée bientôt ses propres pièces et notamment Drastic Classicism en 1981, qui combine la rigueur du ballet avec l’énergie brute du punk. La chorégraphe n’a cessé depuis de faire dialoguer les mondes de la danse savante et de la culture populaire.
C’est presque le trajet inverse que font depuis 10 ans Brandon Masele et Laura Defretin sous l’alias MazelFreten. Le binôme se saisit du vocabulaire des danses électro et hip-hop pour forger un langage neuf salué dans le monde entier, avec leur pièce Rave Lucid mais aussi le tableau Obscurité de la cérémonie d'ouverture des J.O. de Paris 2024. Au-delà de leurs propres créations, les deux artistes sont friands d’expériences différentes, à l’image de leur collaboration avec le chanteur Hervé à Chaillot en 2025. Aujourd’hui, MazelFreten imagine une grande forme pour le Ballet de Lorraine, au son d’une pièce de la compositrice de musique électronique Chloé Thévenin. S’inspirant de la technique du sample – qui prélève, transforme et réinvente une matière existante –, le duo détourne les codes du ballet classique pour le faire résonner autrement, fort de l’énergie viscérale de la danse électro. La rencontre ouvre un espace inattendu où les disciplines se complètent, se contaminent et se transforment mutuellement.
Texte de Vincent Théval