Thrice
Damien Jalet
En 2026, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels apporte son soutien à Chaillot - Théâtre national de la Danse pour la présentation de Thrice de Damien Jalet pour le Ballet de l'Opéra national de Norvège.
Cette pièce, comme son titre l’indique, est conçue comme un triptyque. Le chiffre trois occupe une place centrale, tant dans le travail de Damien Jalet que dans les références qu’il mobilise, de la tragédie grecque au théâtre japonais, en passant par les mathématiques et la religion et dans les différentes triades qu’il explore : passé, présent, futur ; corps, esprit, âme ; matière, temps, espace.
Ce chiffre renvoie aussi, et surtout, aux éléments convoqués par Octavio Paz dans son poème Vent, eau, pierre. Ces composantes fondamentales et complémentaires se déploient ici en trois séquences : Gusts, Médusés et Brise-lames, autour d’un sol commun, au sens propre.
En effet, à chaque nouveau chapitre, les interprètes déroulent des tapis sur les côtés puis au fond de la scène, construisant ainsi un décor, ou plutôt un passage vers une autre dimension. Le vent, la mer et l’eau deviennent alors les protagonistes principaux, porteurs d'une parole à la fois intemporelle et mouvante : celle de corps qui cherchent à ne pas se figer.
Gusts, première partie, est consacrée à l’air, au souffle et au mouvement, et rend hommage à la force qui nous porte. Accompagnée d’une musique live du saxophoniste norvégien Bendik Giske, qui interprète une composition originale créée pour l’occasion, la pièce devient un dialogue entre le corps et le son, mettant en tension gravité et force centripète. Entre surgissements imprévisibles et motifs en spirale, les danseurs semblent surfer sur des courants d’air invisibles, dans une pièce qui donne l’impression d’un fragment condensé d’une boucle infinie.
Médusés, deuxième chapitre, s’inspire du mythe de Méduse et de l’idée d’être pétrifié par un regard. Les corps y oscillent entre rigidité et fluidité, humour et intensité dramatique. La pièce prolonge l’une des premières créations de Damien Jalet, Les Médusées, présentée au Musée du Louvre en 2013, où trois danseuses, en parfaite synchronisation avec une partition polyrythmique complexe, enchaînaient des poses sculpturales avec une énergie brute en quête de liberté.
Brise-lames, dernière partie, nous entraîne sous l’eau. Créée en collaboration avec l’artiste visuel JR et accompagnée d’une musique en direct composée et interprétée par le pianiste japonais Koki Nakano, la pièce a été conçue en 2020, pendant la pandémie, pour neuf danseurs de l’Opéra national de Paris, sans pouvoir être présentée sur scène en raison du confinement. Le titre fait référence aux brise-lames, ces structures destinées à protéger le rivage de la violence des vagues. Alternant entre le mouvement apaisé d’une marée basse et la puissance de vagues submergeantes, la pièce évoque à la fois la résilience et le besoin de lien face à des situations qui nous dépassent.