Roommates

Ballet national de Marseille

Spectacle
25 mai - 4 juin 2022
Danseuse sautant devant deux danseurs statiques sur une scène
25 mai - 4 juin 2022
Théâtre de la Ville, Paris
Partenaire — Théâtre de la Ville
Partenaire — Ballet national de Marseille
Collectif
(LA)HORDE
Durée
70 min
Production
CCN - Ballet national de Marseille

En 2022, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels apporte son soutien au Théâtre de la Ville pour la création et la présentation de Roommates, un programme de (LA)HORDE par le Ballet national de Marseille.

Le « nouveau » Ballet national de Marseille célèbre la richesse de la danse actuelle, dans un tour d’horizon en écritures majeures.

Depuis que le collectif (LA)HORDE a pris la direction du Ballet national de Marseille, il s’emploie à redéfinir l’action d’un Centre chorégraphique national et de sa direction. Il signe Room With a View, un manifeste spectaculaire en compagnie du compositeur et DJ Rone. L’extrait ici présenté est le point culminant d’un ensemble de pièces courtes par lesquelles (LA)HORDE présente les écritures majeures à l’origine de leur regard sur la danse. Parmi celles-ci, les fulgurances de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche, la musicalité et la fluidité de Lucinda Childs, le théâtre de danse surréel de Peeping Tom, l’audace technique et esthétique de François Chaignaud et Cecila Bengolea. A partir de ce panorama, le trio présentera également une nouvelle création, emprunte d’une vision pour le moins audacieuse.

Photo : Concerto de Lucinda Childs ©Théo Giacometti

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“En faisant se rencontrer des œuvres aussi diverses nous voulons interroger la notion d’archives et de patrimoine”
Danseuse sautant devant deux danseurs statiques sur une scène
01 / 05 — Concerto de Lucinda Childs © Théo Giacometti
Deux danseurs en jeans et torses nus se tenant par les bras
02 / 05 — Les Indomptés de Brumachon & Lamarche © Laurent Philippe
Danseurs en costumes colorés sautant et bougeant
03 / 05 — Room with a view de (LA)HORDE © Blandine Soulage
Trois danseuses sur pointes vêtues de costumes couleur chair
04 / 05 — Dub Love de Bengolea & Chaignaud © Laurent Philippe
Femme étranglant un homme au milieu d’une scène recouverte de brume
05 / 05 — Oiwa de Peeping Tom © DR Peeping Tom

PROGRAMME

Concerto
de Lucinda Childs
09'

Concerto est une pièce de neuf minutes créée par Lucinda Childs le 16 septembre 1993 à Lisbonne, dans laquelle elle renoue avec les formes courtes. Les danseurs en noir évoluent sur un fond gris, entre fragilité et virtuosité. Un lien organique se tisse avec la musique de Henryk Gorecki, dont les structures non-linéaires désarticulent la clarté des lignes minimalistes de son vocabulaire chorégraphique. Après la recréation de Tempo Vicino en 2021, Lucinda Childs repense Concerto pour sept danseurs du Ballet national de Marseille.

Les Indomptés
de Claude Brumachon & Benjamin Lamarche
09' 

La pièce Les Indomptés est un duo masculin de neuf minutes créé par Claude Brumachon et Benjamin Lamarche sur une musique de Wim Mertens en 1992. Monté pour des danseurs du Jeune Ballet de France rencontrés à Manille, le duo a été présenté des centaines de fois dans le monde entier, et notamment par Marie-Claude Pietragalla en 1999, dans une volonté d’insuffler une nouvelle énergie au Ballet national de Marseille.
Violent mais passionné, cette pièce explore une manière de bouger, cachée en nous, pour retrouver notre animalité première,
« trouver la déchirure et le désir en un corps offert, laisser vibrer le volcanisme du mouvement ». Après son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en janvier 2021, Claude Brumachon et Benjamin Lamarche se proposent de remonter dans le cadre de ce programme ce corps à corps, entre volcanisme et sensualité, douceur et sauvagerie, avec les danseurs du Ballet national de Marseille.

Room With A View - extrait
de (LA)HORDE
15'

Room With A View est pensé comme un difficile éveil des consciences, une marche forcée par la perspective écrasante de l’effondrement, une exploration des frontières et des nécessaires interdépendances de nos corps. La chorégraphie de (LA)HORDE rencontre la musique de RONE pour raconter la souffrance et la légitime colère des générations actuelles. Ces dernières cherchent à se fédérer dans des communautés de fête et de combat pour se donner sens, et rejouent en boucle les violences du monde, pour les exorciser.

Dans un extrait de quinze minutes de Room With A View adapté pour ce programme, (LA)HORDE poursuit l’exploration des formes de soulèvement, de contestation et de révolte par la danse, dans un espace trouble, propre à faire apparaître la paradoxale beauté du chaos.

Création (en cours d’écriture)
de (LA)HORDE
10’

Dans cette création, les danseurs incarnent l’amour de soi. Ils jouent le narcissisme amoureux, la déconstruction des formes amoureuses, célèbrent la liberté d’aimer, de s’aimer, de jouir, d’exister, de se déposséder, de s’épuiser à regarder, consommer, lutter pour exister. Laissant apparaître dans une accumulation de propositions, de renonciations, un cycle métaphysique renvoyant à un amour solitaire, consommé et consommable. Dans cette victory lap, le désir jaillit infini et volatile, instable, décuplé et absolument libre, laissant le libre choix au spectateur de se demander : s’agit-il d’aimer tous ceux que nous sommes ou de regarder l’inlassable solitude ressentie face aux autres?

Oiwa 
de Peeping Tom
17’

Dans un univers abstrait, entre vie et mort, état mental et survie, Oiwa crée une vision de l’équilibre fragile entre attraction et répulsion, souffrance et réconfort. Les spectateurs deviennent les témoins des pouvoirs psychologiques et physiques à l’œuvre dans la relation d’un couple.

Le duo les place devant un paradoxe : au sein de l’équilibre parfait, il y a toujours une possibilité de tomber et de rompre l’équilibre en se donnant complètement. Prendre le risque, ou essayer de garder le contrôle pour éviter la chute ? Comment cette torpeur se produit-elle, par accident ou bien est-elle volontaire ?

Le titre est tiré de l’histoire traditionnelle japonaise d’Oiwa Le titre est tiré de l’histoire d’Oiwa, une légende inspirée de faits réels, Oiwa, femme mariée, est délaissée par son mari tombé amoureux d’une autre. Poussé par le désir d’être avec sa maîtresse, le mari décide d’empoisonner lentement Oiwa. Tout au long de sa disparition progressive, elle souffre, ses cheveux tombent, son visage se déforme. Après sa mort, Oiwa jura de se venger du mal qu’elle a subi. Elle reviendra sous la forme d’un onryo, un fantôme vengeur. Ce mythe sera plus tard utilisé par les écrivains pour remettre en question les conceptions traditionnelles des rôles masculins et féminins. Le personnage d’Oiwa est depuis devenu un symbole féministe au Japon.

Ce duo est la première collaboration entre Peeping Tom et le Ballet national de Marseille.

Grime Ballet - Danser parce qu’on ne peut pas parler aux animaux
de Cecilia Bengolea & François Chaignaud
12’

Pour ce programme, François Chaignaud et Cecilia Bengolea puisent dans la matière chorégraphique de leur collaboration Altered Natives’ Say Yes To Another Excess – TWERK et du solo Stitches imaginé par Cecilia Bengolea pour penser une pièce hy¬bride inédite d’une dizaine de minutes avec quatre danseurs du Ballet national de Marseille.

Le solo Stitches, créé par Cecilia Bengolea pour la danseuse japonaise Erika Miyauchi, est une performance minimaliste qui croise ballet et dancehall. Dans Altered Natives’ Say Yes To Another Excess – TWERK créé en 2012, François Chaignaud et Cecilia Bengolea inventent une écriture singulière et physique, qui  se joue des identités sexuelles et se nourrit de leur expérience pratique et anthropolo¬gique des danses de club (dancehall jamaïcain, le krump, la house, le split & jump…).
Ce travail et jeu d’écriture seront combinés avec la force et l’intensité du répertoire musical du Grime. Cette musique électronique née dans l’est de Londres dans les années 2000 associe, mêle et transforme des sons issus du dancehall, du hip hop et de la UK Garage.
 

à propos du collectif

Danseurs regardant à travers un miroir pendant que d’autres dansent en arrière-plan

(LA)HORDE

Fondé en 2013, (LA)HORDE est un collectif qui réunit les trois artistes Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel. Ensemble, ils questionnent les codes de différentes disciplines artistiques, notamment dans les champs du spectacle vivant et de l’art contemporain. À la tête du CCN - Ballet national de Marseille depuis septembre 2019, (LA)HORDE crée des pièces chorégraphiques, des films, des installations vidéo et des performances autour du corps en mouvement. À l’aide de mediums multiples, ils développent des scénarios et des actions qui prennent racine dans des problématiques contemporaines et se déclinent sur plusieurs espaces de narration. (LA)HORDE collabore avec des communautés d’individus en marge de la culture majoritaire pour un bout de chemin solidaire et artistique : septuagénaires, non- voyants, fumeurs, adolescents ... Opposés à toute forme de hiérarchie et d’appropriation culturelle, ils pratiquent l’interrelation et la coopération. Inquiets et prospecteurs, ils sont en alerte. Le corps est au centre de leur création. Ils signent des œuvres issues de leurs rencontres avec différentes communautés online, afin de définir ce qu’est devenue la danse après l’avènement d’internet, sujet cher à (LA)HORDE, qui a amené les membres du collectif à définir le phénomène sous le terme/concept : des danses post internet.

Texte : © Claire Diez
Photo : © Boris Camaca - DA Alice Gavin