Somnole
Boris Charmatz
En 2023, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels renforce son soutien à Boris Charmatz pour SOMNOLE. Après s’être engagée en 2021 pour la création de ce spectacle, l’initiative accompagne aujourd’hui sa présentation au Centre Pompidou-Metz, dans le cadre du Romaeuropa Festival, et collabore avec NYU Skirball dans le cadre du Festival Dance Reflections by Van Cleef & Arpels à New York.
Boris Charmatz explore l’idée de somnolence - cette sensation d’être au bord du sommeil. Après une série de pièces de groupe et de créations collectives, et contrairement à son œuvre infini, il investit ici le format minimaliste du solo.
Dans le simple sifflement qui sert d’unique accompagnement, des mélodies apparaissent, se mélangent, se détachent. La relation entre son et mouvement est tour à tour délibérée, hésitante, somnolente ou marquée.
SOMNOLE est une danse vaporeuse qui unit des mélodies familières à des gestes endormis. À la manière d’un corps cherchant le repos, Boris Charmatz invente une danse insomniaque, un refuge de refrains et de rythmes à la frontière entre rêve éveillé et songes obscurs.
Siffler pour soi-même, « comme l’esquisse d’un centre stable au sein du chaos » ; modeler le mouvement à même le souffle qui s’échappe de ses lèvres. S’inventer un monde en expansion – un territoire de ritournelles familières d’où s’échappent des gestes ; siffler une note, fabriquer une mélodie, puis une autre – comme la cartographie éphémère d’un état du cerveau. Après infini, pièce à l’oralité débordante, où la profération de chiffres se transmettait de corps en corps, Boris Charmatz procède à un amenuisement radical du sens et de l’activité physique. Dans SOMNOLE, l’air expiré d’un sifflement se joint à l’apparition du mouvement pour former un nouage fragile entre danse et musique. Au fil de la construction mélodique, de ses mélanges et de ses ruptures, se développent différents états de liaison entre le souffle et la dynamique du geste – tour à tour ralenti, saccadé, somnolent ou acéré. À la manière d’un corps cherchant le repos, Boris Charmatz invente une danse insomniaque, un refuge de refrains et de rythmes à la frontière entre rêve éveillé et songes obscurs.
Gilles Almavi pour le Festival d'Automne à Paris, 2021.