C’est l’un des trois centres chorégraphiques nationaux (CCN) avec à sa tête des artistes hip-hop, sur les dix-neuf répartis sur l’Hexagone. Pourtant, l’histoire du Centre chorégraphique de Rennes et de Bretagne (CCRNB) a d’abord été écrite par la danse contemporaine.
Créé en 1978, le Théâtre chorégraphique de Rennes et de Bretagne est mené par Gigi Caciuleanu, artiste roumain mondialement connu. En 1993, le lieu prend son nom actuel avec l’arrivée d’une nouvelle direction : Catherine Diverrès et Bernardo Montet, deux grandes figures de la danse contemporaine en France. À ce moment-là, la structure rejoint le label des CCN – lancé en 1984 par le ministère de la Culture – qui promet de développer la création chorégraphique en France et son influence à l’étranger, en mettant à disposition lieux de travail et moyens financiers.
En 2009, le chorégraphe Boris Charmatz succède à Catherine Diverrès (qui dirige seule la structure depuis 1998), avec le projet Musée de la danse, façonnant un lieu hybride de conservation et d’exposition de l’art du mouvement.
Le collectif FAIR-E prend le relais en 2019. Huit membres le composent au départ : Bouzid Aït Atmane, Iffra Dia, Céline Gallet, Linda Hayford, Saïdo Lehlouh, Marion Poupinet, Johanna Faye (elle quitte le groupe en 2023) et Ousmane Sy (décédé en 2020). Sa singularité ? Une direction plurielle, où chaque chorégraphe signe ses propres spectacles, mais fédérée par un projet de soutien des chorégraphes des danses hip-hop et voisines, comme de transmission et de mémoire de ces cultures.
Ce nouvel épisode de la série « États de lieux » donne la parole à Linda Hayford, Saïdo Lehlouh, Marion Poupinet et Iffra Dia. Les membres racontent comment ils ont transformé ce lieu en accord avec leurs engagements et les besoins d’un secteur longtemps marginalisé. Visite guidée des deux bâtiments du CCN, Saint-Melaine, dans le centre-ville de Rennes, et Le Garage, en périphérie, où s’écrit la danse hip-hop de demain.